Okko et les fantômes

Film d’animation de Kitaro Kosaka, 1h35.
Sortie en salles en France prévue le 12 septembre 2018.

Je ne sais absolument rien de ce film avant d’aller le voir, en dehors du fait qu’il est japonais, même pas regardé la bande-annonce. La conférence de presse du réalisateur le matin de ma projection au Festival d’Annecy 2018 me permet tout de même d’en connaître l’histoire…

Affiche provisoire du film, avec un croquis préparatoire du réalisateur

Oriko Seki, surnommée Okko, se retrouve orpheline après un terrible accident de voiture. Elle est alors prise en charge par sa grand-mère, qui tient une auberge traditionnelle. La petite fille tente de trouver son équilibre entre ses journée à l’école et son travail comme apprentie-aubergiste, aidée par des fantômes bienveillants…

Okko et les fantômes est en fait une adaptation d’une série de romans de littérature jeunesse par Reijou Hiroko chez Kodansha, comptant 20 volumes sortis à partir de 2003. Une adaptation double d’ailleurs car en avril a débuté au Japon la diffusion de la série TV du même nom (Wakaokami wa Shougakusei!), du studio MadHouse comme le long métrage mais avec un réalisateur différent.

En fait, la série TV vise en priorité les lecteurs des romans, les écoliers de fin de primaire, là où le film cible plus large, les enfants comme les adultes. Le traitement de l’histoire est donc un peu différent, un peu plus direct et concret dans le long métrage, notamment pour l’accident qui prive Okko de ses parents.

Scène qui reste néanmoins très soft dans le film. On est ici dans un long métrage très doux et mignon, dont le design semble tout droit sorti des magazines japonais comme Ciao ou Ribon… mais avec un petit truc en plus que je ne saurais décrire.


Okko est la classique gamine attachante et sympa, mais suffisamment dégourdie et active pour qu’on ne baigne pas dans l’apitoiement de la môme qui a perdu ses parents. La forme est très légère, sucrée, mais tout en parlant de sujets assez graves, le deuil, la rupture, la culpabilité.
Car Okko va rencontrer comme trois versions d’elle-même lors des passages des clients de l’auberge. Un jeune garçon qui vient de perdre sa mère et n’arrive pas à l’accepter, une voyante prévenante qui pourrait être le modèle d’Okko adulte, et une famille unie comme elle connaissait avant la tragédie qui l’a touchée. Trois rencontres qui lui permettent de faire son propre chemin et lui permettre de digérer ce qu’elle a vécu.

D’un autre côté, il y a la vie à l’auberge et on est là comme dans un manga culinaire, où un plat/une soirée permettent de résoudre les soucis des clients. Ainsi, l’auberge est près de sources dont la légende dit qu’elles accueillent tout le monde sans exception et guérissent de tout. C’est cette approche que la gérante actuelle de l’auberge, la grand-mère d’Okko, adopte en toute occasion.

Le réalisateur explique par ailleurs que pour lui, beaucoup de longs métrages japonais aujourd’hui sont très égocentrés, s’inquiétant principalement de l’ego du personnage principal, et que lui préfère aborder les épreuves que doit affronter Okko par l’oubli de soi : ainsi la petite fille, pour surmonter son chagrin, s’investit dans son rôle d’apprentie aubergiste et tente à tout prix de répondre aux attentes des clients plutôt que de penser à elle et ses problèmes.

Les personnages sont adorables, leurs réactions souvent drôles, on ne bascule jamais dans la mièvrerie, mais on baigne dans des sources de bienveillance, de chaleur et de tendresse.
Un joli film très mignon qui me permet pour ma part de finir cette 42e édition du Festival d’Annecy sur une belle note.

A noter qu’il sortira sur les écrans français grâce à Eurozoom le 12 septembre 2018, là où les Japonais devront attendre le 21 septembre.

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