FIFA 2016 – jeudi : petit détour par le Japon

9h : après avoir durement supporté les essuies-glace du bus façon « fourchette sur un tableau noir », je descends à la gare pour filer vers la Salle Pierre Lamy pour ma première séance du jour, consacrée à un Work in progress, autrement dit une rencontre avec des membres de l’équipe d’un film en pleine réalisation. J’aime en faire au moins un chaque année, c’est toujours intéressant de découvrir les coulisses d’un long métrage.
Cela commence à 9h30 alors je m’inquiète un peu de la file d’attente sous la flotte… mais à peine arrivée devant la salle, je peux entrer directement et m’installer tranquillement. J’essaie de me poser pas loin de la sortie au cas où je doive partir plus tôt…

A priori, pour le monde, ça devrait aller...

A priori, pour le monde, ça devrait aller…

recoinmonde01Je tenais à faire ce WIP puisqu’il est consacré à l’adaptation d’un manga que j’adore, Dans un recoin de ce monde de Fumiyo Kouno, sorti chez Kana. Mangaka que je vous recommande très très très chaudement.

Pour nous parler de ce futur long métrage, on peut compter sur Taro Maki, Masao Maruyama et Jerome Mazandarani. Ce WIP a un peu de mal à démarrer, les intervenants parlant japonais et devant passer par une interprète en anglais. On passe beaucoup de temps sur la présentation des personnes présentes, producteurs et distributeurs, et sur le CV du réalisateur Sunao Katabuchi, resté au Japon. On commence enfin à parler du film et ils nous présentent quelques images, nous expliquant la trame du manga. Forcément, je n’y apprends pas grand chose mais c’est agréable de voir les dessins de Kouno s’animer et se coloriser.

Ils nous apprennent également qu’une campagne de crowdfunding avait été lancée au Japon pour aider au financement du film, de mars à mai. Le résultat a été à la hauteur, rapportant 181% du montant espéré !
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On finit par nous montrer un petit reportage a priori diffusé à la TV japonaise où il est expliqué que l’équipe a eu une volonté profonde de retranscrire la ville d’Hiroshima d’avant guerre, d’avant la bombe. Ils ont fait énormément de recherche sur le sujet et ont retrouvé des survivants pour qu’ils leur montrent des photos et des documents d’époque. La ville ayant évidemment été rasée par la bombe, aucune des boutiques et maisons des années 30-40 n’est encore debout et c’est par ces multiples témoignages qu’ils ont pu recréer la Hiroshima d’avant guerre. C’est sans doute ce qui a été le plus modifié par rapport au manga, pour apporter encore plus de réalisme par les multiples détails d’origine. On nous parle ainsi d’un homme de 81 ans qui a perdu toute sa famille le 6 août et a vu l’échoppe de son père, ainsi que ce dernier, reprendre vie dans les quelques images diffusées. On sent une grande volonté de témoignage et d’hommage de la part du réalisateur, soucieux des détails.
On finit par voir une bande-annonce complète du film, prévu pour fin 2016 au Japon. Première fois que ces images sont diffusées en public. Ca a l’air très beau, on retrouve toute la douceur et la délicatesse du trait de Kouno, et ces quelques minutes sont déjà très fortes et émouvantes.
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Franchement, ce WIP commençait un peu mal et il s’est fini de la plus belle des manières. Plus qu’à espérer que le film sorte en France, marché apparemment le plus large pour l’animation en Europe. Je doute que la sortie française, si elle se fait, soit énorme côté distribution mais ça nous permettra peut-être d’avoir le DVD, comme pour le précédent film du réalisateur, Mai Mai Miracle

10h45, pas besoin de partir en avance, je peux aller tranquillement à ma séance de 11h au Pathé. Au programme, l’animation française « vu de Hollywood » au travers de 10 courts métrages, certains que je connais, d’autres non. C’est en fait une sélection de courts métrages français par le californien Ron Diamond. Que dire à part que c’était une excellente séance ?
J’avais déjà vu Skhizein de Jérémy Clapin, l’histoire d’un homme en décalage avec lui-même (de 91 cm exactement). Une idée unique et parfaitement emmenée. Vous pouvez le voir sur Vimeo.
Le silence sous l’écorce de Joanna Lurie ne me dit rien mais qu’est-ce qu’il est beau ! Adorable, mignon… Difficile de ne pas craquer sur ces petites créatures des arbres au large sourire et au gloussement comme un ronronnement de chat. Immanquable et poétique… Vous pouvez d’ailleurs le voir sur le site de la réalisatrice.
Je ne présente même plus La révolution des crabes d’Arthur de Pins, que j’ai dû voir une bonne dizaine de fois. Si vous ne connaissez pas, foncez…
Très beau Overtime d’Oury Atlan, Thibaut Berland, Damien Ferrié également (sur Vimeo), tandis que l’excellent et drolatique French Roast de Fabrice O. Joubert devrait vous faire largement sourire, avec ces personnages designés par Nicolas Marlet (chez Dreamworks désormais).
En tus brazos de François-Xavier Goby, Edouard Jouret, Matthieu Landour captivera les amateurs de tango, très belle mise en scène de cette danse (sur Vimeo), tandis que Madagascar, carnet de voyage de Bastien Dubois nous fait joliment voyager, avec les sons et les couleurs de cette île si loin de nous.
Ascension de Thomas Bourdis, Caroline Domergue, Martin de Coudenhove, Colin Laubry, Florian Vecchione m’a tout simplement fait hurler de rire, comme quoi la foi peut soulever des montagnes mais ce n’est pas forcément suffisant pour autant (sur Vimeo).
Enfin, deux classiques, un de 1998, l’absurde Au bout du monde de Konstantin Bronzit et l’autre de 1994, Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit. J’en parlais justement hier, j’ai donc enfin pu voir ce fameux court. Drôle, sautillant, musical. Je comprends mieux certaines questions d’hier…
Voilà en tout cas un excellent programme sur l’animation française. Je n’en ai vu que deux, celui-ci et celui sur Michael Dudok de Wit hier, mais c’étaient de bons choix.

12h30, je sors de la salle sous des trombes d’eau et cours pour trouver à manger rapidement. Coup de chance, il n’y a pas trop de monde à L’heure tourne, un bon petit burger volaille, ça me réchauffera. Et à 13h, je file à la bibliothèque gagner du temps sur mon compte rendu du jour…
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14h, déjà l’heure d’aller à la Grande salle de Bonlieu pour les courts métrages en compétition 4. Ce sera d’ailleurs ma dernière séance de l’année dans cette salle. Comme d’habitude en attendant que la projection commence au son de « Il va faire tout noir ! » « Ta gueule ! » (oui il y a des habitudes du Festival qui me font marrer chaque année), je me remets dans mon bouquin du moment, American Gods de Neil Gaiman. Au moins une semaine où j’ai un peu de temps pour lire !

Et cette séance ? 9 courts, 29 points sur 45. Un peu difficile, en plus je fatigue et mes yeux avaient tendance à se fermer par moment. Quelques jolies choses néanmoins, mais d’autres vraiment… Disons que les nanas en plein gémissements orgasmiques parce qu’elles poussent un piano dans la rue en faisant des pirouettes qui détachent leur robe, j’ai franchement beaucoup de mal à m’y intéresser, à moins que ce ne soit une mode estonienne ?
Bref, j’espère que la dernière séance de courts métrages demain sera plus accessible dirons-nous.
Et hop, il retombe des trombes d’eau quand je sors de la salle… Il fallait vraiment profiter du timide soleil d’hier, aujourd’hui, c’est de nouveau le déluge. Normal, Hollande est train de visiter les Papeteries de Cran Gévrier. C’est un peu ballot de venir pendant le Festival d’Annecy mais d’aller juste visiter un bâtiment en marge du Festival, non ? Il pouvait venir à un autre moment…

A 16h, je vais faire un tour à la librairie 9e quai où Boulet doit être en train de dédicacer. Je tente le coup ? Euh non, il y a déjà la queue, l’espace est petit et surchauffé, je vais plutôt attendre gentiment mon bus avec un chocolat chaud…

Mon petit achat du jour

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DVD à découvrir ici

Bon, ben, plus qu’un jour…

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