Au fil de l’eau

Volume unique par Aoi Ikebe, édité en VF par komikku en mars 2016.
Sens de lecture japonais, 170x240mm, 16,00€.

Après nous avoir fait découvrir Aoi Ikebe avec le très beau one-shot Ritournelle, komikku poursuit en nous proposant sa première œuvre, Au fil de l’eau, cette fois-ci en noir et blanc.

Au fil de l'eauChaque jour, la vieille dame quitte son petit appartement et va s’installer sur un banc au bord de la rivière pour rêver. Chaque jour, tous la voient s’installer sans vraiment comprendre et continuent leur petite vie tout en se plaignant de l’horrible odeur de cette fameuse rivière si sale…

Dans ce nouveau titre de la collection horizon, Aoi Ikebe nous emmène donc rêver au bord d’une rivière… qui pue. Cela ne semble guère bucolique dit comme ça mais c’est le quotidien des personnages qui longent ses rives qui nous intéresse. Il y a donc cette vieille dame qui vient rêver chaque jour, mêlant souvenirs d’enfance et lectures, ces écoliers en prise avec leur avenir puisqu’ils ont la vie devant eux, ce célibataire qui chaque soir passe une musique différente qui enchante ses voisins, cette famille où personne ne semble vraiment se voir mais qui s’aime pourtant…

Difficile de parler de ce titre car objectivement, il ne se passe rien. Mais chaque personnage que l’on croise au fil des pages ajoute un point dans une trame discrète qui se tisse petit à petit au fil des regards, des rêves de chacun, des petits moments de grâce du quotidien, comme autant de petites perles qui s’ajoutent pour former un collier multicolore. Chacun a sa vie, avec ses petits drames, ses décisions à prendre, ses petites envies, ses espoirs, et Ikebe les superpose, les mêle, les entrecroise avec délicatesse, douceur et tendresse.
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L’ensemble est très subtil, très léger, avec ses pointes d’humour, sa poésie, ses non-dits, ses rencontres, ses personnages dont on ne sait finalement pas grand-chose, qu’on retrouve au gré des pages, au fil de leur quotidien, simples observateurs extérieurs muets et invisibles que nous sommes, qui n’entrons dans leur vie que sur la pointe des pieds pour ne rien déranger, discrets petits témoins de leur bonheur. Et la trame de ces existences se tisse, se déroule et parfois s’arrête, sans un bruit, juste une absence, un silence, tandis que la rivière continue de couler…

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