Le Grand Méchant Renard

Volume unique par Benjamin Renner, édité par Delcourt en janvier 2015, 165x230mm, 192 pages, 16,95€.
Réédition spéciale en décembre 2015, 256 pages, 22,95€. 

Le Grand Méchant RenardAyant beaucoup apprécié le film d’animation Ernest et Célestine, je me suis intéressée à une BD d’un des co-réalisateurs, BD ayant reçu beaucoup de louanges depuis sa parution. Coup de chance, je peux même profiter de la découvrir dans une réédition améliorée, comportant un récit inédit de 58 pages, nous donnant un joli pavé de 250 pages. Ah oui, son titre, Le Grand Méchant Renard, par Benjamin Renner.

Renard, comme tout bon goupil qui se respecte, aimerait bien se mettre quelques poules sous la dent. Mais malgré tous ses efforts, il ne parvient jamais à ses fins, se faisant régulièrement virer de la ferme par des poules pas commodes, pas prêtes à accepter qu’on leur morde le croupion comme ça. Le Loup va lui proposer un nouveau plan : voler les œufs pour pouvoir manger de bons petits poussins dodus quelques mois plus tard…

Renard, c’est un peu Vil le Coyote : toujours des plans qui lui paraissent parfaits, toujours un gros échec humiliant à l’arrivée. Mais Renard est un gentil. C’est bien là son plus gros problème. Là où le Loup n’a aucun scrupule, en plus d’être plutôt flippant et fort, Renard a plutôt tendance à ennuyer ses proies qu’autre chose. L’idée des poussins n’était pas forcément complètement idiote (juste un peu…), mais face à un sensible comme Renard, comment voulez-vous apprendre à gérer trois adorables poussins qui vous prennent évidemment pour leur mère puisque vous êtes le premier machin vivant qu’ils ont rencontré en sortant de l’œuf ?
Alors Renard va évidemment continuer à enchaîner les galères et les dîners végétariens remplis de navets. Mais lui qui n’était que le résidus de la forêt méprisé de tous, voilà qu’il se découvre une fibre parentale tenace qui va lui donner un peu d’autres motivations que simplement tenter de remplir son estomac…
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Nous voici donc dans une ferme où toutes les bestioles causent, avec un sens aigu du dialogue, entre la poule rancunière et quelque peu énervée, limite représentant syndical, le chien de garde qui s’en fout et ne veut se mêler de rien pour pouvoir lire son journal tranquille, le cochon qui ne peut éviter de se mettre dans les galères de ses potes lapin et canard, ces derniers n’ayant clairement pas inventé l’eau chaude.
Renard va donc devoir user de toute sa ruse aussi bien pour élever ses nouveaux garnements à plume que pour les protéger du loup qui ne voit aucun problème à les engloutir. Le résultat est évidemment absurde, hilarant, rythmé, blindé de gags et de bons mots qui font éclater de rire à chaque page.
Les personnages sont drôles, attachants et Renard est particulièrement émouvant face à ses « petits » qui vont passer rapidement du statut « apéritif » à « trésor à choyer coûte que coûte, quitte à devoir endurer le pire (et remballer définitivement le peu de fierté qu’il pouvait encore rester dans ces poils roux) ».

Le récit inédit, Il faut sauver Noël, se focalise plus sur Cochon et ses compères crétins face à une possible disparition de Noël. C’est toujours aussi absurde, les gags sont énormes et savoureux, même si ça manque un peu de Renard.

Le trait est chaleureux, simple et efficace, accrocheur et la narration ne vous permettra pas de lâcher la lecture avant d’en avoir fini.
Il n’en faut pas plus pour assurer que Le Grand Méchant Renard est de ces BD à laisser entre toutes les mains, touchante, drôle et tendre. D’ailleurs, elle est en cours d’adaptation en série TV…

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