6000

Série en 4 tomes par Nokuto Koike, éditée en VF par komikku.
Sens de lecture japonais, 133x182mm, 7,90€.

Amateurs d’Abyss, voici 6000, une série en 4 tomes de Nokuto Koike chez komikku. Plongeons quelques instants dans les profondeurs pour voir ce que vaut ce titre horrifique.

6000 vol. 1Quelque part en mer des Philippines, une station sous-marine nommée Cofdeece a été installée à 6000 mètres de profondeur. Mais elle fut rapidement abandonnée suite à un accident tragique responsable de la mort de tout le personnel à bord.
Trois ans plus tard, une nouvelle équipe sino-japonaise a pour mission de préparer la remise en route de la station. Parmi elle, Kengo Kadokura ne sait rien de ce qui a décimé la précédente équipe et n’est évidemment pas préparé à ce qu’il va devoir affronter…

6000, c’est typiquement le genre de petite série sans prétention que je prends plaisir à découvrir. Le genre de huis-clos horrifique à la Berceau des esprits, où la tension vient de ce qu’on ne voit pas vraiment, de ce qu’on devine dans les ombres, tapis dans un recoin de cette station larguée au milieu de profondeurs inhospitalières où la moindre lumière est avalée, où les ténèbres ne peuvent être combattues. C’est dans cet endroit lugubre que les hommes tentent de s’installer, on ne sait trop pourquoi d’ailleurs, à la merci de la moindre défaillance technique qui leur coûtera peut-être plus encore que leur vie, leur santé mentale…
Nokuto Koike sait plutôt bien gérer les aplats noirs de ses dessins, permettant de jouer sur l’ombre et la lumière, les deux véritables protagonistes de cette histoire, aucun des deux n’étant d’ailleurs vraiment plus positif que l’autre contrairement à ce que l’on pourrait croire. Certes, les ténèbres peuvent cacher des entités peu amicales mais la lumière peut rapidement devenir un maître avide de pouvoir et fossoyeur d’âmes pour briller.

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Au delà des problèmes techniques mortels à une telle profondeur, c’est d’abord l’humain le véritable point faible de la station. Un humain faible, fragile, peu fiable, prêt à se vouer au pire dans l’espoir d’une quelconque survie, même si celle-ci se fera au prix de son humanité. Ainsi, quand Kengo descend dans cette station, il part seul en terrain hostile, ne pouvant se fier à personne, que ce soit à ses supérieurs chinois adeptes de la politique du secret ou ses collègues japonais dont il ne sait rien. Et la confiance est une denrée rare dans une telle situation, quand très vite se pose la question de la survie pure et simple.

6000 vol. 2Le style graphique m’a fait penser à celui de Tsutomu Takahashi, y compris dans les regards et les visages des personnages, rapidement poussés à bout. La narration sait faire monter la tension, sans pour autant abuser des scènes sanguinolentes : on est confronté étonnamment à assez peu de scènes gores, ce n’est ici pas vraiment le propos.
Je reprocherais néanmoins un développement du fond horrifique sacrifié au profit de l’action, ainsi qu’une fin très rapide, pas bien logique et quelque peu abrupte, comme s’il manquait quelques pages. J’aurais trouvé également intéressant de plus approfondir la question du prix que l’être humain est prêt à payer pour survivre, les limites qu’il peut accepter de franchir, dans quelles conditions, des notions rapidement abordées au fil des pages.

Cela reste néanmoins une lecture plutôt bien menée, efficace, sans besoin d’en faire trop en terme d’hémoglobine, alors qu’il aurait été sans doute facile d’en abuser.

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