Riche, pourquoi pas toi ?

Volume unique par Marion Montaigne, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, édité par Dargaud en octobre 2013, 200x269mm, 136 pages, 17,95€. 

Riche, pourquoi pas toi ?Rêvez-vous d’être riches ? Personnellement, non, l’important me semble d’avoir de quoi vivre décemment sans se faire trop de nœuds au cerveau pour boucler les fins de mois, et ce n’est certainement pas ma dernière lecture, Riche, pourquoi pas toi ? de Marion Montaigne qui va me faire changer d’idée.
Adaptant les écrits de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues passionnés des riches, l’auteure de l’hilarante série Tu mourras moins bête continue son travail de vulgarisation du savoir pour nous rendre accessibles des connaissances pas forcément évidentes si on craint de se lancer dans des lectures sociologiques.

Pour ce faire, Marion Montaigne prend un individu lambda et va le confronter à une subite arrivée massive d’argent qu’il va devoir gérer, fort heureusement aidé par les deux sociologues. Car être riche, ça ne s’invente pas et ça ne se limite pas au nombre de zéros sur son compte en banque ! Par contre, ça se raconte plutôt bien et c’est très drôle…

Ainsi, elle parvient avec précision et humour à nous expliquer les questions de classes sociales, les différents types de revenus (pauvres de nous qui pensons naïvement que le principal revenu est lié au travail, ha ha) et les meilleures méthodes trouvées par les plus aisés pour les faire prospérer au maximum. Et cela sans un gramme d’ennui, de prétention ou de mots trop savants issus d’un langage pour une élite qui cultive l’entre-soi au travers de tout un système savamment étudié.
Au travers de son dessin, simple, immédiat, efficace, parfaitement adapté justement à de la vulgarisation, elle traduit des concepts qui mettent en lumière tout le fonctionnement de la société actuelle, le libéralisme et la culture du toujours plus (pour certains seulement) qui semble impossible à remettre en question pour ceux qui n’y voient que des avantages depuis toujours.

riche02Bien évidemment, cette BD est plutôt orientée politiquement. Mais comme l’auteure le dit elle-même, il y a assez peu de chances que les adorateurs du néo-libéralisme aient l’occasion d’y jeter un œil. Et l’ensemble ne se prend pas au sérieux, avec beaucoup d’auto-dérision, les deux sociologues en tête, caricaturés avec délice.

En fait, c’est assez difficile de parler de cette BD. J’éviterai donc une chronique trop longue. Que l’on soit fan de l’humour et du style de Marion Montaigne ou intéressés par les questions sociales et économiques françaises actuelles sans jamais avoir osé se lancer dans de grandes lectures savantes, cette entrée en matière a de quoi accrocher et pousser à quelques petites réflexions.
Sur ce, je vous quitte, il faut que j’aille faire un petit tour dans mes écuries voir comment vont mes pur-sangs pour la prochaine course… (non en fait, je dois sortir le chien).

2 comments

  1. Ce livre a fait date car il montre que la sociologie peut être très bien servie par la bande dessinée. Depuis, Casterman a lancé une collection de socio en BD intitulée « Sociorama », qui est passionnante. Premiers sujet : les travailleurs (sans papier entre autres) sur les chantiers, et le monde de la pornographie.
    Le dernier livre de Marion Montaigne n’a rien à voir, il parle de l’Intelligence artificielle. Il est très drôle évidemment.

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