The Relative Worlds

The Relative Worlds. Film d’animation de Yuhei Sakuragi, 1h33.
Pas de sortie en salle annoncée pour le moment.

Je ne vois pas beaucoup de longs métrages au Festival d’Annecy en cette année 2019, deux seulement, Les enfants de la mer d’Ayumu Watanabe et The Relative Worlds de Yuhei Sakuragi. Dont je ne savais absolument rien avant d’entrer dans la salle.

The Relative WorldsShin n’est encore qu’un enfant quand sa mère décède dans la rue, frappée par cette « épidémie » de mort subite qui touche tout le pays sans que personne ne sache ce qui se passe.
Devenu adolescent, il ne voit guère son père, très occupé par un projet de recherche secret. Renfermé, il ne laisse que son amie d’enfance Kotori l’approcher.
Frappé par un nouveau drame, il rencontre alors Jin, qui dit venir d’un monde parallèle…

On va d’office parler des bons points. Techniquement, ça a de la gueule (enfin, surtout les décors). Animation plutôt dynamique, design classique mais agréable… et grosse fascination pour les yeux des personnages.
Voilà.


Parce que pour le reste, ça coince un peu plus…
Les univers parallèles, ça devient un sujet à la mode.
Le problème, c’est que c’est un truc rapidement casse-gueule et qu’il faut être très attentif dans l’écriture de son scénario si on veut rester totalement cohérent. Et là, c’est plutôt la fête du slip des facilités scénaristiques qui ne veulent rien dire.
Au bout de quelques minutes, on nous explique directement par une voix off qu’il y a deux planètes Terre suite à des essais durant la Seconde guerre mondiale. OK, je ne vois pas le rapport mais si ça peut vous faire plaisir… Donc les deux sont liées et quelqu’un qui meurt dans l’un meurt dans l’autre également. Passons sur le fait que si deux mondes évoluent séparément depuis 70 ans, il n’y a pas spécialement de raison qu’on retrouve les mêmes individus dans les deux au bout de 2-3 générations, c’est un problème récurrent de ce genre d’histoires.

Ce qui est plus gênant, c’est qu’on ne nous dit rien sur l’histoire de l’autre Terre, que jamais on ne nous dit comment on a pu passer à une Principauté dictatoriale avec des technologies hallucinantes. Et que ça ne semble concerner que Tokyo comme si le reste du monde n’existait pas.
D’ailleurs, le plan machiavélique de domination du monde des méchants (pitié, qu’on achète un peu d’imagination aux méchants des films !!) semble ne jamais se préoccuper du reste de la planète… Euh, c’est un peu étrange, non ? Ce qui rend le plan en question non seulement assez confus mais de plus en plus incompréhensible au fur et à mesure de son déroulement. Voire totalement con.
Ce sont des méchants mais tout de même…

Les personnages en eux-mêmes sont un autre point noir (en tout cas, gris foncé). On se concentre sur trois principalement (les autres font à peine de la figuration).
Le héros est un grand mou insipide sans personnalité, inexpressif et sans un gramme d’émotion malgré tous les drames qu’il traverse.
Sa copine pourrait être vraiment intéressante mais elle cache son intelligence et sa compréhension du monde derrière une façade d’ingénue, comme bon nombre de ses congénères féminines dans notre société comme le dit un autre personnage. Une des rares pointes d’ironie du film – qui se veut beaucoup trop sérieux – qui explique donc pourquoi la jeune fille garde un côté de potiche un peu simplette pour ne pas trop effrayer le mec qu’elle aime (on se demande bien pourquoi…).

Enfin, le troisième personnage est une androïde… qui s’avère être la plus intéressante de tout le film, la plus expressive, touchante, émouvante, sans qui la majorité des actions du film n’auraient pas lieu… ce qui est tout de même un comble pour un robot personnage secondaire.
Et je ne parlerai pas du couple de scientifiques qui invente des trucs incroyables pendant des années… mais pas foutu de se rendre compte de qui est son véritable ennemi. C’est ballot.

Gros problème d’équilibre des personnages donc, mais également d’équilibre de rythme du film : il y a 30 minutes ultra rapides (trop même) où il va se passer plein de choses… pour ensuite tomber dans l’instant « Tapons la discussion, c’est le moment émotion » qui n’apporte rien, et surtout est assez illogique : le gouvernement japonais vient d’être éliminé puis 200 000 personnes meurent d’un coup… et rien ? Pas de panique, d’état d’urgence ? Non, deux ado qui papotent tranquillement sur un toit d’immeuble pour sortir des banalités.
Puis on repart en rythme effréné avec un scénario totalement incohérent et une fin qui n’a aucun sens (mais pourquoi « elle » est là ??).

The Relative Worlds, c’est un peu la rencontre entre Terminator et Fringe, avec une petite pointe d’Evangelion pour un des mecha. Ça se regarde, on ne passe pas un horrible moment… mais préférez Terminator et Fringe, en fait.
Je suis assez sévère mais le coup des univers parallèles demande un peu plus d’effort pour vraiment tirer son épingle du jeu (d’autant que si j’ai bien compris, il y avait au départ eu deux ONA, épisodes à destination du web, en 2017 pour une durée de 30mn… Pourquoi refaire un film d’une heure de plus pour ça ?).

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