Pretty Deadly vol. 1

Série en cours par Kelly Sue DeConnick et Emma Rios, édité en VF par Glénat Comics en juin 2015, 185x283mm, 160 pages, 15,95€.

Pour mon calendrier des autrices BD de décembre 2017, je me suis intéressée au travail de Kelly Sue DeConnick, dont la série Pretty Deadly et son premier tome L’écorcheuse chez Glénat comics.

Pretty Deadly vol. 1Elle est Ginny Face-de-mort. Fille du dieu au cœur glacé, elle parcourt l’ouest américain pour punir les pêcheurs à l’âme rance. Elle poursuit sa propre vengeance. Son histoire rencontre celle de Sissy, la petite fille à la cape de vautour.

Nous voilà face à un conte macabre planté dans un décor de western. Ca sent la poudre, le sang, la crasse, la boue. Et pourtant, que ce soit par le trait énergique et maîtrisé d’Emma Rios ou l’histoire contée par Kelly Sue DeConnick, tout se révèle d’une rare élégance. Malgré la poudre, le sang, la crasse, la boue.
Le personnage de Ginny au visage marqué des stigmates de son père est une énigme : faucheuse ni morte ni vivante, vengeresse ultime des pêchers des hommes, elle ne recule devant rien et affronte sans broncher les traques qu’elle doit mener à bien. Mais il y a Sissy, la fille à la cape de vautour, qui raconte son histoire de ville en ville, sans vraiment savoir la part qu’elle-même joue dans ce récit mythologique où l’amour et la mort se marient surtout pour le pire.

Pretty Deadly n’est pas un récit ordinaire. Il y a comme une aura de légende des anciens temps qui s’en dégage, chaque personnage ayant un rôle à jouer, que ce soit celui de victime ou de bourreau. La cruauté qu’ils peuvent infliger n’a rien de complaisante et la violence qui se déchaîne à coups de revolvers ou de sabres est directe, sans vanité, sans sadisme, sans souffrance volontaire. Tous semblent aspirés par une vague qui les dépasse, participant à la ronde du monde qui se joue d’eux et les ballote au gré des flots du destin.

Pretty Deadly est un conte macabre poétique, où rien n’est là par hasard, où chaque balle a une cible qu’elle ne doit pas rater. Que ce soit pour la beauté du trait d’Emma Rios, de la colorisation de Jody Belaire ou l’élégance du récit initiatique de Kelly Sue DeConnick, cette série est de celle qui mérite plusieurs lectures pour délivrer tout son charme et ses secrets.
Le premier tome s’auto-conclue, ce qui est plutôt heureux vu qu’il est sorti voilà plus de deux ans. Le deuxième est paru aux USA en août 2016, on peut donc espérer pouvoir retrouver cette ambiance unique d’ici quelques mois en VF…

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