Ma vie de Courgette

Film d’animation de Claude Barras, 1h05.
Sortie en salles en France le 19 octobre 2016.

Je n’avais au départ pas spécialement envie d’aller voir Ma vie de Courgette, ayant lu « Public visé : Famille » dans sa fiche. Oui, ça peut paraître foireux et simpliste mais je ne peux voir que peu de longs métrages pendant le Festival, je dois donc bien les choisir. Et le public visé est un indicateur intéressant. J’évite généralement les films ciblant très jeune, très large pour éviter les Disney-Like sans âme. Mais il y a quelques semaines était parue une critique de ce film sur CloneWeb, critique lue par pure curiosité et qui m’avait interpellée. A priori, il y avait quelque chose en plus dans ce film-là…

Ma vie de CourgetteCourgette a 9 ans. Bien sûr, il ne s’appelle pas vraiment Courgette mais c’est un surnom donné par sa mère alors il y tient. Même si sa mère n’est pas vraiment facile à vivre… Larguée par son mari, elle cuve toute la journée en enchaînant les bières devant des soaps TV tandis que son fils tente de se faire le plus discret possible.
Mais un jour, il fait la bêtise de trop et… le voilà dans un foyer pour enfants. Dans ce nouvel environnement loin de tous ses repères, il va rencontrer Simon, Béa, Ahmed, Jujube, Alice… et surtout Camille !

S’il ne fallait qu’un mot pour définir Ma vie de Courgette, je choisirais : joyeux.
Et doux.
OK, deux mots.
Pourtant, cela ne commence pas facilement : avec un gamin qui endure les humeurs d’une mère alcoolique et se retrouve en foyer, on semble plus proche de Rémi sans famille que de Oui-oui à la plage.
Il y rencontre cinq autres gamins ayant vécu comme lui des choses pas bien jolies qui les ont éloignés de leur famille. Drogue, abus, violence, troubles mentaux, criminalité, clandestinité… Ces mômes ont déjà galéré avant d’avoir fêté leur 10 ans, se trimbalant diverses séquelles, troubles alimentaires, cauchemars, énurésie, cicatrices. Simon cache par exemple sa fragilité sous ses airs de petit dur et on pourrait craindre que Courgette devienne vite son bouc émissaire…
Mais nous ne sommes pas dans ce genre de film. Ces gamins ont trop vu, trop pris dans la tête, supporté bien trop de souffrances, et ce foyer qui les accueille compte bien leur apporter la tendresse et l’amour qui ont pu leur faire défaut.
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Très vite, on a un petit sourire qui nous vient pendant la projection. Accompagné de quelques gros éclats de rire face aux interprétations de certains comportements d’adultes par des enfants. C’est drôle mais jamais moqueur, souvent touchant, juste et sensible. Je ne m’en étonne pas trop après avoir vu le nom de la scénariste : Céline Sciamma…

La technique utilisée y est aussi pour beaucoup : le réalisateur Claude Barras utilise ici des marionnettes qui très vite deviennent des personnes à part entière. L’animation est excellente et ces petits bonhommes dégagent une fraîcheur et une subtilité incroyables. Dialogues, doublage, décors, tout est parfait. Ils ont su trouver le bon équilibre pour que l’ensemble ne fasse pas guimauve écœurante tout en apportant un côté un peu « conte de fée où les méchants ne peuvent pas gagner ». C’est aussi ça la magie de l’animation que de pouvoir rendre possible l’irréaliste sans que cela ne choque. Pour pouvoir nous y faire croire et rêver un peu à un monde où les belles choses peuvent aussi arriver…
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Avec leurs grands yeux pleins de questions et prêts à s’émerveiller de tout, ces gamins vont vous faire rire et vous émouvoir pendant 1h05. C’est très beau, drôle, blindé de tendresse, gorgé d’amour, de douceur et de délicatesse. Franchement, par les temps qui courent, c’est indispensable !!
Si vous en avez l’occasion en octobre 2016, n’hésitez pas…

2 comments

  1. En tout cas, cette critique donne très envie. J’irai voir si j’ai l’occasion et je conseillerai autour de moi ^^

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