Kamakura Diary vol. 1

Série en cours par Akimi Yoshida, édité en VF par Kana, en VO par Shogakukan.
Sens de lecture japonais, 127x180mm, 7,45€.

Je ne pensais pas spécialement continuer l’exercice des blog-chroniques ici, préférant me concentrer principalement sur des séries terminées, du moins concernant le manga. Mais après tout, je ne vais pas me refuser de causer d’une série qui débute, à partir du moment où elle me plaît. Ainsi, je ne parlerai que des séries dont le premier tome me donne vraiment envie de continuer à les suivre.

C’est fin 2002 que Panini Manga (alors appelé Génération Comics) avait tenté le pari de nous faire connaître Banana Fish, œuvre phare d’Akimi Yoshida. Parution qui s’était faite dans la douleur durant 4 ans, loin du succès commercial. On ne pensait donc pas spécialement revoir cette auteure en version française jusqu’à ce que Kana annonce il y a quelques mois l’arrivée dans son catalogue shôjo de Kamakura Diary, dernière série toujours en cours au Japon.

kamakura01Oubliez donc les US, la mafia, les relations ambiguës, les courses-poursuites, et rencontrez les trois sœurs Kôda. Sachi, infirmière, est plutôt autoritaire et assez stricte, prenant ses responsabilités d’aînée très au sérieux. Yoshino, 22 ans, est plus insouciante et fêtarde, enchaînant les petits amis tandis que Chika, la dernière, est la tête-en-l’air cool de service. Elles vivent ensemble dans la maison familiale, élevées durant des années par leur grand-mère quand leurs parents sont partis chacun de leur côté refaire leur vie.
L’histoire commence quand elles apprennent le décès de leur père, parti voilà 15 ans. C’est l’occasion pour elles de rencontrer leur jeune demi-sœur, Suzu.

Nous voici ici dans une chronique familiale douce-amère, trois jeunes adultes et une collégienne partageant un quotidien d’apparence banale et sans histoire. Mais la grande force de Yoshida est de proposer des personnages qu’elle développe subtilement au fil des pages et des histoires, sans en faire trop, en sachant les faire évoluer au travers des rencontres et des relations qui se nouent et se dénouent, au travers des petits tracas de tous les jours, des petits bonheurs, sans avoir peur de nous confrontés à certains drames plus crus mais ô combien ordinaires aujourd’hui malgré tout. Le propos n’est jamais dans le pathos ou la guimauve, le misérabilisme ou la complainte stérile, plutôt porté par une douceur positive qui fait du bien. Ses personnages sont tour à tour forts, attachants, drôles, sensibles, pleins de facettes, fragiles, souvent touchants, bref simplement humains.

Trois chapitres composent ce premier tome, chacun se focalisant sur un personnage ou un évènement précis, permettant de mieux nous plonger dans la vie de chacune des sœurs, avec une efficacité et une évidence tendre et attachante. Tout se fait à partir de petits riens, de détails qui en s’accumulant apportent toujours un peu plus de profondeur à la psychologie de cette petite galerie de personnages, sachant toucher la corde sensible à partir d’un regard, d’un mot, d’une pensée, avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.
Nul doute que la suite de la vie des sœurs Kôda apportera encore son lot de joies et de rencontres, de tendresse et de douceur. Il ne faudra par contre pas être forcément très pressé. 5 tomes sont pour le moment parus au Japon où on compte en moyenne un volume par an.
Le tome 2 est quant à lui prévu en VF pour le 5 juillet 2013.

10 comments

  1. Une chronique !!! J’aime beaucoup ce manga également, et le ton est très étonnant venant de Akimi Yoshida, elle qui est plus sombre dans ses autres séries. N’empêche, Banana Fish permettait déjà d’entrevoir Akimi Yoshida dans le développement de personnages et c’est donc une excellente chose de la voir dans ce registre quotidien. Dans cette série, Akimi Yoshida me fait beaucoup penser à Fumi Yoshinaga. J’ai hâte de voir le livre dans la vie réelle. J’aime beaucoup comment Yoshida y va de manière douce, juste, parfois triste et dramatique, mais sans pathos comme tu le dis. Que ce soit la mort du père Kôda ou encore le joueur de foot, ami de Suzu (qui ressemble à une sorte de Ash Lynx enfant ^^ ).

  2. Le tome 2 est quant à lui prévu en VF pour le 5 juillet 2013.
    Youpi !
    Kamakura Diary démarre super bien, je trouve (bon, pas autant que Banana Fish mais comparons ce qui est comparable), et j’ai déjà hâte d’en savoir plus sur l’aînée, pour l’instant d’apparence plus austère. Je me demandais comment les rôles allaient être répartis entre les 4 sœurs, et finalement, ça m’a semblé très naturel, il n’y a rien de figé. Je me suis bien attachée à l’aînée et à la cadette alors qu' »en vrai », je pense que seule la benjamine m’aurait plu. Encore un petit bijou de Yoshida qui, j’espère, ne passera pas inaperçu cette fois. La couv’ est si jolie…

  3. Outch… cette chronique, et très certainement bientôt la lecture de « Kamakura Diary », me donnent envie de relire « Banana Fish »… comme si j’avais pas assez de trucs à lire 🙂

  4. Ayé, j’ai lu le premier tome de Kamakura Diary et je comprends que tu ais voulu en parler aussi rapidement, Morgan. J’ai énormément aimé ce premier tome même si j’ai été décontenancé par le changement de protagonistes au bout de deux (longs) chapitres. En tout cas, ça rigole pas dans les chaumières dans ce manga 🙂

    Effectivement, ça commence comme une « chronique familiale douce-amère » mais ensuite, ça devient plus « shôjo » lorsque le récit se focalise sur la petite sœur. En tout cas, moi aussi, je ne peux que conseiller de lire cette série !

    1. Sûrement l’obtention d’un prix au Japon je pense. Et puis Banana Fish n’a pas eu de succès commercial, mais c’était il y a très longtemps, et son succès critique n’est pas démenti 🙂 .

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