Cavale vers les étoiles

Volume unique par Ryôma Nomura, édité en VF par Casterman en août 2017.
Sens de lecture japonais, 133x181mm, 336 pages, 11,95€.

Petit tour côté SF chez Casterman avec Cavale vers les étoiles de Ryôma Nomura.

Cavale vers les étoilesRoku est une simple vendeuse de nouilles cyborg qui ne cherche pas les embrouilles jusqu’à ce qu’elle rencontre Kinu, fugitive échappée d’un laboratoire militaire prête à tout pour retourner sur la planète dont ses gènes sont issus : Mars.

Ryôma Nomura nous invite dans son monde uchronique, où la couronne britannienne domine le monde, à part peut-être les alentours du domaine sovieton du côté de Moscou…
Prenez un peu de Blame ! pour les machines et les décors, de Gunnm pour les personnages comme Kinu la martienne prête à tout dégommer pour atteindre son but, et même de Dorohedoro en version cyber pour le côté crasseux et les relations pince-sans-rire entre les différents camps en présence. Vous obtenez Cavale vers les étoiles : une course-poursuite effrénée, frénétique et très fun de deux nanas survoltées.
Elles n’ont aucunement conscience de tous les enjeux que leur fuite fait ressortir, elles sont totalement dépassées par ce qui les poursuit – les services secrets britanniens, des gangs, des complotistes sovietons… – mais surtout : elles s’en tapent royalement !!

Ainsi, on ne sait pas grand-chose du monde dans lequel démarre cette aventure, grappillant juste quelques détails au fil des rencontres, des récits d’anciennes guerres, de colonisations martiennes.
Mais dans le sillage de Kinu la clone martienne très énervée, la lecture devient tellement furieuse, explosive, nous entraînant dans un monstrueux bordel où les personnages passent leur temps à se faire canarder, exploser la moitié de la tronche, découper des morceaux… qu’on finit par ne plus du tout chercher à savoir ni pourquoi tout ça, ni comment, ni dans quel but.
On en prend juste plein les yeux – les combats sont extrêmement rythmés, même si pas toujours totalement lisibles – en suivant ces deux fugitives qui ne savent même pas elles mêmes réellement pourquoi elles sont là.


Kinu veut aller sur Mars, c’est son seul et unique objectif, elle se moque totalement de savoir qui veut l’en empêcher ni pourquoi, elle se fout royalement de tout questionnement stratégique, politique. Et Roku, tombée involontairement dans cette énorme galère, passe de celle qui ne voulait que vivre son petit quotidien de vendeuse de nouilles surendettée à la défonceuse de tronches au gros esprit de contradiction.

L’univers imaginé par Nomura est un énorme terrain de jeu très jouissif, où tout est possible, où les rebondissements s’enchaînent sans temps mort, où le seul mot d’ordre est « Avance ou crève ».
C’est drôle, extrêmement fun, étonnamment pas du tout gore – merci les prothèses cyber – et même si on n’a pas toutes les réponses à la fin, le fait de s’être volontairement focalisé plutôt sur l’action à l’échelle des individus qu’aux enjeux politiques évite toute frustration.
Bref, une lecture très divertissante et efficace.

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