King of Eden vol. 1 et 2

Série en cours par Takashi Nagasaki et Ignito, éditée en VF par Ki-oon.
Sens de lecture japonais, 130x180mm, 7,90€.

Nouvelle série horrifique pour Ki-oon début 2018 avec King of Eden, un manhwa signé Takashi Nagasaki au scénario et Ignito (Lee Sang-cheol) au dessin.

King of Eden vol. 1Un soir dans un petit village en Andalousie. Deux policiers s’étonnent de ne voir aucune activité puis découvrent catastrophés une pile de cadavres baignant dans leur sang. Ils se font alors attaquer par un monstre tandis qu’un homme met le feu aux corps entassés. Quelques heures plus tard, de retour au commissariat, l’incendiaire les met en garde : ils doivent fuir avant d’être à leur tour décimés par un virus…

Si cette série est née en Corée, elle a néanmoins un scénariste japonais et pas des moindre. Takashi Nagasaki est connu pour avoir régulièrement collaboré avec Naoki Urasawa sur des titres comme Monster (Kana), 20th Century Boys (Panini Manga), Pluto (Kana) ou Billy Bat (Pika). Sous le pseudonyme de Garaku Tôshûsai, il a travaillé avec Osamu Uoto sur Dossier A. (Akata/Delcourt). On le trouve également aux côtés de Kôji Kôno avec Inspecteur Kurokoshi (komikku).
Bref, pour tout ce qui est thriller, énigmes, mystères mâtinés d’un peu d’histoire, le bonhomme a de la bouteille.

Pour King of Eden, il reprend le thème très à la mode du virus destructeur d’humanité. Mêlant loup-garou, vampires et une petite touche de zombies, le duo d’auteurs nous embarque dans un course-poursuite plutôt haletante, où les terroristes du monde entier voient dans ce virus l’arme parfaite (bien que sans antidote, ce qui limite un peu sa perfection vu son pouvoir de nuisance) et où les marchands d’armes leur nouveau best-seller. Mais bien évidemment, face à ces troupes fanatiques et cupides se dressent quelques officiels – les habituels OMS, CDC et cie qu’on voit dans tous les films du genre – qui vont tenter d’empêcher l’apocalypse à venir. Encore faudrait-il qu’ils sachent contre qui ils se battent.

L’histoire, classique, me fait notamment penser à The Strain/La Lignée, série de romans de Chuck Hogan et Guillermo Del Toro adaptée en série TV. C’est d’ailleurs tout aussi sanglant.
Mêlant le thriller façon Monster et l’archéologie côté Dossier A., King of Eden parvient dans ses deux premiers tomes à nous immerger dans cette course-poursuite mondiale, au rythme des légendes et des mythes de création du monde, de l’empire perse de Darius 1er à la Roumanie si classique dans les histoires de vampires.

King of Eden vol. 2Le dessin est très fin et maîtrisé, on retrouve même un petit côté Urasawa dans la physionomie de certains personnages. Le récit alterne entre la mise en place des divers partis en présence et les scènes d’action, ou plutôt de massacres, où le virus démontre tout son potentiel de destruction. On évite néanmoins jusque-là la surenchère gore gratuite et les gros plans malsains, le dessinateur jouant beaucoup sur les zones d’ombre pour ne pas avoir besoin de montrer toute l’horreur des carnages engendrés par le virus.

L’ensemble est plutôt classique mais efficace, parfait pour les amateurs de récits catastrophes un peu mystiques. Les personnages ne sont pas en soi extrêmement développés mais ils servent surtout à animer la traque sans qu’on s’appesantisse vraiment sur eux ou leurs états d’âme.
Le tome 3 est prévu pour mai 2018 chez Ki-oon, tandis que le 5 est paru en Corée chez Haksan en novembre 2017.

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