Zombillénium (long métrage)

Film d’animation d’Arthur de Pins et Alexis Ducord, 1h18.
Sortie en salles en France prévue le 18 octobre 2017.

Je ne m’étais pas encore spécialement intéressée à la BD Zombillénium d’Arthur de Pins avant de savoir que le long métrage adapté allait être projeté au Festival d’Annecy. J’ai donc lu les 3 volumes parus, dont la chronique est parue il y a quelques jours. Et aujourd’hui, j’ai donc pu voir le film et c’était d’enfer ! (Mauvais jeu de mots totalement assumé)

Hector Saxe est inspecteur en normes de sécurité. Pas vraiment le genre de mec que tu invites habituellement pour animer une fête. Après avoir déposé sa fille Lucie au pensionnat, il roule vaillamment vers une nouvelle usine à faire fermer. Mais sa rencontre inattendue avec une personne volante va quelque peu changer sa route. Le voilà parti pour Zombillénium. Mais en ressortira-t-il vivant ?

Il est tout à fait possible de voir le film sans avoir jamais ouvert la BD. Car ce n’est pas une suite, mais une nouvelle histoire, où Hector Saxe reprend en fait le rôle d’Aurélien de la BD. Un mec qui passe d’un coup de vie à trépas et se retrouve embauché sans comprendre dans un parc dont il ne sait rien d’autres que ce que la pub en dit. Découvrant alors que tous ses nouveaux collègues sont de la viande froide, voire juste des os, et qu’il a hérité d’un contrat à vi… à mort. Ce qu’il ne prend pas si mal finalement…
On retrouve tout à fait le style graphique de la BD et le rendu est plutôt agréable même s’il y a un côté un peu vide dans les décors. Peut-être pour faire ressortir la platitude et l’uniformité de ces paysages du nord…
L’animation est fluide et on se prend rapidement au jeu.

Si dans la BD, c’était Aurélien le personnage central, brave mec sympa juste tombé au mauvais endroit, Hector Saxe est lui le parfait Macr… sale type qui jubile à l’idée de faire fermer des entreprises et raser des usines. Inutile de préciser que son trépas inopiné une fois franchies les portes du parc ne nous donne pas spécialement la larme à l’œil. Et que sa découverte de sa nouvelle prolifique carrière dans la barbe-à-papa a de quoi nous réjouir.

On retrouve là encore plusieurs éléments déjà présents dans la BD mais utilisés différemment, ainsi que la mise en place du méchant de l’histoire : si dans la BD, chaque volume présente plus ou moins un méchant différent, il nous en fallait un bien spécifique ici et le choix est tombé sur Steven, un cousin de Robert Pattinson/Edward Cullen, le beau gosse vampire qui se la raconte et s’y croit à fond. Le genre de type détestable au premier regard, jouant sans scrupule sur la mode du mordeur romantique qui affole les adolescentes…

Au delà du parc, il y a également l’histoire de Lucie, la fille d’Hector, qui va avoir un grand rôle à jouer. C’est d’autant plus sympa que, non seulement elle est adorable, mais c’est également une petite fille noire avec les cheveux crépus (me semble-t-il).  Un nouveau modèle pour des petites filles noires qui trouvent rarement des personnages qui leur ressemblent dans les films ? En tout cas, ça fait plaisir à voir.
L’histoire en elle-même est relativement classique mais on retrouve la fameuse lutte des classes qu’il y a déjà dans la BD ainsi que l’éternelle antagonisme entre les différentes catégories de monstres – les vampires se la pètent grave, évidemment – qui apporte le fond de l’histoire. Je me demande même comment le film ne peut durer que 1h18 tant j’ai l’impression d’en avoir vu beaucoup plus !

Graphiquement c’est beau et certaines scènes sont particulièrement jouissives, notamment du côté de Gretchen, et son balai-skateboard, qui explose tout dans son rôle de sorcière super-puissante – ses exploits de la fin du film sont fantastiques !
Côté humour si ça commence doucement, dès l’entrée dans le parc, les vannes sont mordantes (désolée), référencées mais pas trop, se jouant des clichés (le cerbère, bon sang, le cerbère !!). Et puis cette utilisation de la chanson des Corons, il fallait vraiment y penser !!
Inutile de dire que les adultes pourront tout autant s’éclater que leurs enfants qui trouveront là un divertissement vraiment de haut niveau.

Je n’oublie pas la musique d’Eric Neveux, excellente et les chansons de Mat Bastard, l’ancien chanteur de Skip The Use, également producteur du film, et voix de Sirius le squelette syndicaliste et ses pancartes « We are the Working Dead ». On a même droit à un petit concert au milieu du film qui apporte une sacrée énergie.

Bref, vous l’aurez compris, cette adaptation est là encore totalement réussie, drôle, explosive, jouissive, rythmée, oserais-je même dire… endiablée ? Je ne peux que conseiller de s’y presser lors de sa sortie en salles le 18 octobre.

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