Festival d’Annecy 2014 : un jeudi chaleureux

Les jours passent et la chaleur ne tombe toujours pas. Ça me plombe totalement mon Festival, j’élague dans mon planning sans aucun scrupule.
Ainsi, que 2 séances aujourd’hui au lieu de 3, de manière à tout fait aux haras et de ne pas avoir à me retrouver en plein soleil sauf que je repars prendre le bus. Ce n’est pas pour autant que j’ai trouvé le temps long…

Les p’tits dej du court
9h, je fonce aux haras pour les P’tits Dej du court. Un jus de fruit, un thé et je m’installe par terre pour écouter les réalisateurs des courts d’hier expliquer leur travail. Souvent intéressant, de nouveau, et ça me permet d’approfondir un peu le jugement que je m’étais fait à chaud juste après la projection. Hum, oui, tout ça mérite réflexion et j’en parlerai peut-être lors de mon compte rendu récapitulatif.

En tout cas, et ça se confirmera encore plus dans le restant de la journée, cela devient quelque chose de plus en plus important à mes yeux au Festival, autant que les films : la rencontre avec les réalisateurs. Une expérience enrichissante, humainement sympathique, qui permet toujours de mieux saisir certaines subtilités de ce qu’on a pu voir. Dommage, ce rendez-vous de 9h est mon dernier de cette édition mais j’en aurai bien profité et ce sera à retenter l’année prochaine. Cela compense tous ces WIP (Work in progress) que j’aurais voulu faire sans pouvoir…

L’île de Giovanni
10h15, je n’ai que quelques mètres à faire pour me retrouver à l’entrée de la salle principale pour ma première projection du jour. Déjà pas mal de monde d’installé mais cela me permet de tenter une nouvelle place… en fait encore plus agréable que celle que je prenais jusque-là. Toujours bon à savoir même si ça ne me sera plus très utile d’ici peu.

Petite contre-plongée sur la salle des haras
Petite contre-plongée sur la salle des haras

Voilà une séance que je ne voulais pas louper, L’île de Giovanni de Mizuho Nishikubo. Déjà sorti dans certaines salles françaises le 28 mai dernier mais pas dans le coin, je profite donc du Festival pour le voir. Même si c’est en VOSTA. Ça n’a finalement pas gâché ma découverte du film. Une chronique sera d’ailleurs disponible d’ici ce soir sur AfterM.

L'équipe de L'île de Giovanni avant la projection
L’équipe de L’île de Giovanni avant la projection

Juste avant le film, Mizuho Nishikubo le réalisateur, Yoshiki Sakurai le producteur et scénariste et Santiago Montiel, le directeur artistique, montent quelques secondes sur scène pour annoncer la projection. Ils sont encore plus chaudement applaudis après, devant même serrer quelques mains de spectateurs charmés.

Conférence de presse du film
12h30, la possibilité est donnée prioritairement aux badges presse d’assister à une conférence avec l’équipe. Je ne loupe évidemment pas ça et pendant une heure, en anglais, en japonais, en français, ils nous racontent la genèse du film, sa réalisation, son accueil, leur intention en travaillant dessus.
Forcément la question est posée au réalisateur concernant l’influence d’un film comme Le tombeau des lucioles… et il n’y avait pas vraiment pensé avant d’arriver en France où on n’a pas arrêté de lui poser la question. C’est un grand fan d’Akiyuki Nosaka, l’écrivain de La tombe des lucioles, le roman autobiographique à l’origine du film d’Isao Takahata, peut-être cela vient-il de là…
D’ailleurs quand on leur demande pourquoi il semble y avoir une obsession des Japonais pour cette période de leur histoire, ils répondent qu’en fait il y a beaucoup de films sur le sujet au Japon et que peu sortent en Europe alors forcément on remarque plus facilement les similitudes (Le vent se lève de Miyazaki est sorti après tout peu de temps avant). De plus, le Japon moderne est né de ça et il faut connaître la période Meiji, après l’ouverture du pays au reste du monde en 1868, et la Seconde guerre mondiale pour tenter de comprendre le Japon.
Le modérateur remarque d’ailleurs qu’en Europe, à la sortie de la guerre, on a une vision facile et binaire, les méchants d’un côté, les gentils de l’autre, les agresseurs, les agressés. Alors que le Japon est plus ambigu, ils ont les deux statuts, agresseur d’un côté puis victime avec notamment la bombe atomique. Et c’est plutôt le côté victime qui est montré dans le film, volontairement car l’action se passe sur une île tout au nord qui n’a finalement pas trop connu la guerre et n’a été qu’agressée. Et c’est qui plus est la vision d’un enfant. Le but n’était de toute façon pas de parler de la guerre, qui en soit n’est pas forcément un sujet très intéressant, mais de la manière dont les gens, et principalement les civils, s’y adaptent, s’y résignent. Ce sont les relations humaines qui se tissent, et principalement du point de vue des enfants, la chaleur qui peut naître malgré les difficultés.
Santiago Montiel, le directeur artistique argentin mais vivant en France, s’est pour sa part inspiré de Van Gogh et d’Egon Schiele pour les décors, pour bien faire transparaître la sensibilité, la fragilité. Le but n’était pas de faire un documentaire sur la guerre mais vraiment de rester à l’échelle humaine, avec une sorte de sensualité tragique.

À la fin de la conférence, nous sommes plusieurs à venir avec l’affichette du film pour la faire signer. J’avais déjà pu faire ça l’année dernière avec le réalisateur de Sakasama no patema, Yasuhiro Yoshiura, autant profiter de l’occasion. L’équipe a en tout cas été très sympathique et accessible, c’est toujours agréable.

Courts métrages n°4
Bon, ma séance suivante commence dans 30 mn, j’avale un gâteau en me mettant dans la file d’attente et retrouve le même type de place que le matin. Vraiment, j’aurais dû y tester plus tôt !
Voici donc les courts métrages n°4. Qui ne nous ont pas épargnés. 27 sur 40 selon ma notation. En fait, heureusement que je suis restée pour le dernier… D’autres étaient plutôt sympathiques également mais un m’a particulièrement déplu et laissé une mauvaise impression qui assombrit un peu tout. Yerk…
Je file directement à l’arrêt de bus, attendant à l’abri du soleil dans la salle presse. Déjà marre de la chaleur alors que l’été n’a pas commencé, ça promet pour la suite.

2 comments

  1. Vu que je n’ai pas aimé Le tombeau des lucioles, je ne le sens pas trop, L’île de Giovanni. Mais bon, je vais aller de ce pas lire ta chronique. Et c’est vrai qu’il fait trop chaud en Rhône-Alpes… Bah, comme ça, tu serais préparée pour Japan Expo. Viens, Key te réclame !

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