La Tour fantôme vol. 1

Série en cours (7 tomes) par Taro Nogizaka, éditée en VF par Glénat, en VO par Shogakukan.
Sens de lecture japonais, 130x180mm, 7,60€.
Premier volume sorti en mars 2014, 224 pages.

Quelques mois après la fin de Team Medical Dragon, Glénat nous propose la nouvelle série de Taro Nogizaka, La Tour fantôme. À la base une histoire de l’anglaise Alice Muriel Williamson écrite en 1898, A Woman in Grey (non disponible en français… j’ai cherché), traduite et adaptée en japonais l’année suivante par Ruiko Kuroiwa (et quelques années plus tard par Ranpo Edogawa). La Tour fantôme est pour sa part une libre adaptation de cette version de 1899.

tourfantome011954, à Kobé. Taïchi Amano est un homme passablement désœuvré souvent enfermé dans son appartement miteux à lire des magazines porno-gores toute la nuit. C’est lors d’un des rares jours où il sort pour trouver un peu d’argent qu’il croise une ancienne camarade de classe dont le futur mariage le rend jaloux, le poussant alors à s’inventer à son tour une fortune et une future union heureuse. L’irruption du mystérieux Tetsuo lui permet de sauver la face, le poussant à suivre l’inconnu à la fameuse Tour fantôme où deux ans auparavant, une vieille femme aurait été assassinée par sa fille adoptive…

Il est toujours un peu compliqué de parler du premier volume d’une nouvelle série, surtout dans le cas d’une histoire à suspense qui ne se révélera peut-être que lors de son dernier acte.
Les premières pages ne sont pas forcément très avenantes : le personnage central n’est guère sympathique, gros loser pitoyable, passif, subissant sa vie et se complaisant dans le médiocre, adepte de lectures glauques qui ne donnent pas spécialement envie de le rencontrer. Tetsuo a lui tout du manipulateur sans aucun scrupule dont on n’a aucun doute que la moindre conversation avec lui ne peut apporter que des embrouilles.
Apparaît alors la Tour fantôme, la classique bâtisse hantée gardant quelques lourds secrets dont on va sans doute devoir percer les mystères… ou pas, en fait, on ne sait pas trop.

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Dès le départ, l’ambiance est glauque, assez malsaine, et ce n’est pas l’arrivée de Marube et sa fille, les nouveaux propriétaires de la Tour, qui arrange les choses. Voilà typiquement le genre de personnage qui se balade avec un gros panneau « psychopathe sadique, détraqué, pervers et fou dangereux » accrochée autour du cou, le mangaka n’étant pas très subtil au niveau de sa physionomie de « gros méchant qui terrorise tout le monde ». Non, décidément, la subtilité n’est sans doute pas le point fort de Nogizaka sur ce premier tome du moins.

Personnages peu engageants, histoire glauque et sordide… Soyons honnêtes, le plaisir de lecture n’est pas immédiat. Néanmoins, au fil des pages, et malgré le grotesque Marube, on s’interroge, intrigués par ce qui entoure cette fameuse Tour. De plus, Amano commence à se bouger quelque peu, devenant plus actif et malin, presque touchant face à ce qu’il pressent dans cette histoire qui ne peut que lui péter à la tronche.

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Ce premier tome, dans son style, me fait un peu penser au premier volume de Shi ki ou au Coffre aux esprits, dans leur ambiance un peu hors du temps, glauque, mystérieuse, un peu décalée aussi, où la Mort peut débarquer d’un coup et ne pas faire de sentiment. Difficile de savoir vers quoi va se focaliser la suite – le mystère de la Tour, ou plutôt le personnage de Tetsuo, très ambigu et ambivalent ?
Avis donc un peu mitigé sur ce premier volume : une intrigue avec son lot de mystères et de bizarreries qui titille la curiosité, des personnages un peu stéréotypés mais qui peuvent cacher plusieurs facettes, un dessin assez maîtrisé, très lisse et froid également, une certaine facilité à jouer sur les courbes féminines dénudées qui peut facilement tomber dans le gratuit malsain…
Je pense néanmoins acheter le deuxième tome prévu pour mai, histoire de voir comment le mangaka parvient à faire décoller son histoire.

One comment

  1. Il est toujours un peu compliqué de parler du premier volume d’une nouvelle série, surtout dans le cas d’une histoire à suspense qui ne se révélera peut-être que lors de son dernier acte.
    Je te remercie d’autant plus de l’avoir fait, ce titre m’intriguait !

    Par contre, même si les anti-héros peuvent me plaire, celui de La Tour Fantôme, je ne sais pas xD Il a l’air aussi avenant que celui de Je ne suis pas un homme !

    Ton avis me convainc de rester sage et d’attendre une « sortie » de la bibliothèque. Psychopathe sadique, femme dénudée et manipulateur beau gosse, c’est trop pour moi.

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