La Grande Aventure Lego

Film d’animation de Phil Lord et Chris Miller, 1h40.
Sortie en salles en France le 19 février 2014, en Blu-ray et DVD le 25 juin 2014.

lego01N’ayant pas touché à des Lego depuis des temps immémoriaux et n’ayant pas d’enfant à utiliser comme prétexte pour en acheter la conscience tranquille (quoique, pour fabriquer des étagères…), je ne suis donc pas vraiment connaisseuse des animes Lego apparus il y a quelques années. J’ai fait une petite séance de rattrapage sur conseil d’un fan (qui se reconnaîtra) en regardant un ou deux épisodes de Lego Star Wars : sympathiques mais potentiellement répétitifs sur la longueur. Alors qu’allait donner La Grande Aventure Lego sur 1h40 ?
(Ça, c’est du placement produit : 4 fois le mot Lego en deux phrases…)

Nous ayant déjà gratifié d’un surprenant Tempête de boulettes géantes, Phil Lord et Chris Miller continuent donc de proposer des longs métrages d’animation qui avaient tout pour faire fuir a priori et parviennent en fait à s’avérer jubilatoires à la projection.

Emmet est un modeste ouvrier du bâtiment. Chaque jour, il suit scrupuleusement les instructions données par le Président Business pour poursuivre son existence super-géniale dans un monde super-génial avec des collègues super-géniaux qui écoutent tous la même chanson super-géniale. Bref, tout est super-génial… jusqu’à sa rencontre avec Coll-Tag, mystérieuse guerrière à la recherche du Spécial, l’être de la prophétie qui doit sauver le monde…

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Première évidence : c’est très con. Deuxième évidence : c’est totalement voulu et assumé. Troisième évidence : eh mais ça rend pas si mal cette animation en Lego (même si je n’aime toujours pas la 3D).
Si on pouvait craindre de se retrouver face à un vague produit marketing formaté juste là pour engranger du fric avec un scénario indigent et juste du placement produit pendant 1h40, on en est heureusement loin.
D’un côté, les enfants peuvent retrouver l’univers Lego qu’ils connaissent, le monde des boîtes de jeu avec ses codes et son style unique, de l’autre les adultes peuvent s’amuser face à un vrai délire geek où les réalisateurs ont digéré toute la pop culture des dernières années, utilisant, détournant, parodiant les films d’aventure ou de super-héros avec un vrai sens du rythme et de la répartie. On ne rit pas forcément aux éclats à s’en faire péter les côtes mais on rigole souvent, soit de l’humour très con, soit du style très gagesque, du second degré, de l’auto-dérision… surtout face à des fans de Lego dans la salle qui se reconnaissent peut-être dans ces collectionneurs obsessionnels suivant à la lettre chaque instruction de montage et où chaque pièce doit rester à sa place bien définie.

Car ce film est une ode à la créativité, à la liberté de jouer, d’imaginer, de s’émerveiller, de partager des histoires totalement farfelues, sans limite autre que celle de l’imagination. Tout se mélange dans un joyeux bordel apparent, où tout pourrait facilement partir dans tous les sens, alors qu’il y a bien un scénario, plutôt bien tourné, assez original, avec ce héros relativement con, incapable au départ de proposer la moindre idée potable… Et alors ? On décomplexe à tour de bras tous les gamins, ou même les adultes, qui n’ont rien du brave héros toujours malin et intelligent au bon moment : gloire au loser, il a autant le droit de s’éclater que les autres ! Des idées débiles, c’est toujours mieux que pas d’idée du tout.
Ajoutons là-dessus une critique sur les paranoïaques du changement, les ayatollahs de l’immobilisme pour qui rien ne doit jamais changer, quitte à tout coller à la super-glue jusqu’à refuser toute vie.

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Le casting vocal, qu’il soit américain ou français, joue bien son jeu. Les américains ont droit à du Chris Pratt, Morgan Freeman, Liam Neeson, Channing Tatum, Cobie Smulders (en Wonder Woman, évidemment !) et même Anthony Daniels et Billy Dee Williams qui rempilent dans leurs rôles respectifs dans Star Wars.
Les français n’ont pas un casting aussi stylé, certes, mais ont eu l’intelligence de reprendre les doubleurs français des acteurs américains ou des personnages (le doubleur de Christian Bale pour Batman par exemple). Et Arnaud Ducret a effectivement la voix du gars lambda qui correspond au « héros », loin de l’intrépide jeune premier ambitieux.

On se retrouve là face à un film bien foutu, entraînant, bourré d’humour, de références et d’idées, balançant plein de personnages de la pop culture, avec suffisamment de profondeur pour qu’on ne s’ennuie pas pendant que Fiston(ne) voit ses joujoux s’animer devant lui/elle. Finalement, les 1h40 passent sans souci, sans ennui et la toute dernière scène est juste poilante…
Bref, tout est super-génial !

3 comments

  1. Everything is awesome ! Everything is cool when you’re part of a team !
    Everything is awesome when you’re living out a dream !

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