FIFA 2018 : un mardi chargé (et féministe)

Ma journée au Festival commence tôt aujourd’hui avec une première séance à 9h. A peine descendue du bus, je file donc au Pathé, apercevant au passage le Michel Ocelot apparemment en train de renseigner des festivaliers. Michel Ocelot c’est-à-dire pour les distraits le réalisateur des films Kirikou ou Azur et Asmar… et également de Dilili à Paris, qui a été projeté en avant-première hier soir à la soirée d’ouverture. Et qui est également mon film de ce matin.
Mon ebook de la trilogie de Spin me tient toujours compagnie avant le début de la séance. Pour une fois que j’ai le temps de lire…
Dilili à Paris
Au final, je ressors de la séance très mitigée et je ne ferai pas de chronique propre. J’aurais vraiment aimé apprécier ce film mais non, trop de points coincent.
Dilili à Paris, c’est l’histoire de la petite Dilili dans le Paris du début du XXe siècle, jeune kanak en exhibition avec quelques-uns de ses congénères devant les yeux amusés de parisiens en mal d’exotisme. Elle rencontre Orel, coursier (entre autre) en tricycle qui va l’aider à arrêter les mâles-maîtres, une secte de masculinistes qui enlève des petites filles pour rétablir la suprématie de l’homme face aux femmes qui auraient pris trop de pouvoirs (vous vous rendez compte, on leur permet même d’aller à l’Université !). Un film féministe ? Mouais, disons que les femmes doivent quand même toujours restées bien apprêtées même dans les pires situations…


On connaît Michel Ocelot pour ses contes animés. Le style conte est un type particulier de récit, assez excessif, simple, tranché. Les personnages ont une diction très posée, théâtrale, pas du tout naturelle et ça ne choque pas dans un conte. Dans une histoire censée se passer dans un contexte historique… ça passe nettement moins bien.
Ajoutons là-dessus que l’histoire sert surtout de prétexte à un défilé des personnalités de l’époque, qu’on rencontre toutes dans un flot quasi ininterrompu : Marie Curie, Sarah Bernhardt, Colette, Toulouse-Lautrec, Proust, Pasteur, Monet, Degas, Renoir, Camille Claudel, Picasso, Eiffel, Louise Michel (pour continuer sur la caution féministe), etc. et même le prince de Galles ! On nous les fait tous ! Un vrai Who’s Who du début du siècle ! Entre ça et le côté « carte postale exotique » de Paris façon visite guidée des monuments avec en héroïne une Kirikou en robe… Difficile d’accrocher, ça donne un côté très très cliché à l’ensemble.
C’est plutôt joli à regarder, même si le mélange prises de vues réelles (ou réalistes ? Difficile de faire la différence) et personnages très colorés perturbe souvent, l’animation est très belle, mais l’histoire reste très simpliste (très conte, en fait, très manichéenne), avec une tonne de bonne morale un peu colorblind (on est tous frères et sœurs, on est tous humains…) sans un gramme de subtilité (les méchants sont de gros mascu ultra-misogynes, les gentils sont très très gentils, et le seul un peu moins gentil, tendance gros raciste, a une révélation en cours de route et devient le plus gentil des gentils).
Sans compter que les méchants mascu ont une manière de traiter les femmes (à quatre pattes, comme des meubles, cachées sous un… voile) qui fait clairement référence à une religion. La fameuse obsession française, même si Ocelot s’en défend. Mouais mouais mouais.


Bref, ça m’embête mais ce Michel Ocelot n’est pas pour moi et je ne m’attarde pas à la fin de la séance tandis que d’autres vont aller saluer et féliciter le réalisateur.
Ce sera à vous de juger à partir du 10 octobre 2018, date de sortie dans les salles françaises.

10h40, j’ai du temps à tuer avant ma séance de 14h. Ma mission ? Trouver un endroit où me poser avec le wifi. Je me balade en ville, allant jeter un œil aux nouvelles adresses qui ont ouvert il y a peu, je zigzague dans le marché et tombe dans le flot de touristes en vieille ville, au milieu des innombrables restaurants qui vont être pris d’assaut d’ici quelques heures… et je finis au Nouch Salad Bar. 11h10, autant en profiter pour manger tôt, en plus ils ont le wifi c’est parfait !
Me voici donc attablée devant mon PC et mon repas. Je ne m’en sors pas trop mal.

Mon programme de l’après-midi : à 14h, le programme 2 des courts métrages en compétition – je crois que le premier parle de maltraitances gynéco… – puis à 16h, le nouveau film de Nina Paley, après Sita Sings the Blues qui avait gagné le Cristal du long métrage en 2008. Suivi par sa conférence de presse. Si j’en ai le courage.
En attendant, je vais repartir vers Bonlieu me poser à la bibliothèque au calme continuer mon ebook… et faire quelques photos du lac en cours de route.

Un bout du court métrage La Mort, Père & Fils de Denis Walgenwitz et Vincent Paronnaud (dit Winshluss) en expo à la bibliothèque

13h30, je suis dans la queue pour les courts métrages dans la Grande Salle. Je trouve une excellente place et tout en bouquinant, entends dire que certains festivaliers ont eu des soucis pour réserver leur semaine de projections. Apparemment, on a dépassé les 11 000 accréditations cette année, 1100 de plus qu’en 2017 et ça devient très très tendu pour gérer tout ce monde. Comme quoi, il faut réserver au plus vite dès que la billetterie ouvre et ne pas convoiter les séances trop populaires…

Cette séance commence bien car déjà 1) je ne me fais attaquer par aucun avion en papier, là où j’en avais pris trois dans la tronche hier, 2) les quatre premiers courts sont plutôt sympa. Ça se gâte un peu ensuite, comme toujours – j’ai dit NON, les courts chinois, bon sang !! – mais on arrive au même score qu’hier, 9 courts, 29 points sur 45. Moment cocasse quand après la projection de l’avant-dernier, pas mal de monde croit la séance terminée et commence à partir et paf, annonce du dernier court (très laid mais heureusement pas trop long…) et tout le monde repart s’asseoir en vitesse.

15h30, je sors de la salle, oh nous voilà dehors et il pleut à grosses gouttes, je repars direct à l’entrée de la même salle pour ma troisième séance, consacrée au nouveau film de Nina Paley, Seder-Masochism. Dont voici d’ailleurs la chronique.

Présentation de la projection

Il est déjà 18h15 quand je quitte la conférence de presse du film. Il pleut, ma tête va exploser – mais comment je faisais pour tenir plusieurs jours à séances par jour ?? – et je me demande alors comment je vais écrire ces comptes rendus (a priori, j’ai résolu le problème).
Demain, ce sera journée Longs métrages. Ça devrait être chouette !

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