BDTK 3 : Les Requins

Volume unique par Bernard Séret et Julien Solé, édité par Le Lombard en mars 2016, 139,5x196mm, 88 pages, 10,00€. 

Je continue ma découverte de la collection La petite Bédéthèque des savoirs avec un volume consacré aux requins, par le biologiste marin Bernard Séret et le dessinateur Julien Solé.

Les requinsLes requins se coltinent une bien sale réputation de prédateurs sanguinaires dont les quelques attaques sur l’humain sont toujours fortement médiatisées, nous en donnant une image simpliste et faussée.
Ainsi le directeur de la collection David Vandermeulen commence l’ouvrage par un petit rappel de cinq moments-clés du 20e siècle qui ont permis la création de cette réputation de meurtrier des mers, de 1916 et les attaques du New Jersey à 1975 et la sortie des Dents de la mer de Spielberg, adapté d’un roman à succès réutilisant tous les ingrédients pour favoriser cette phobie collective.
Ce n’est nullement sous cet angle tapageur et anxiogène que s’est construit cette BD, extrêmement riche en informations, souvent étonnantes, toujours passionnantes.

Ainsi, au delà de cette aura de tueur dont l’humain est largement responsable, aussi bien par sa destruction de l’habitat naturel des requins les poussant à se rapprocher des côtes que par sa vision spectaculairement gore, on comprend très vite qu’on ne peut pas parler DU requin mais DES requins. 150 nouvelles espèces ont été découvertes ces 30 dernières années, montant le total à 530, dans tous les océans du globe, à diverses profondeurs et les moyens techniques à la disposition des chercheurs désormais devraient aider à en apprendre encore davantage sur des modes de vie aussi variés. Il y a des requins de toutes les tailles, de toutes les formes, chaque espèce avec ses particularités, ses capacités. Poissons cartilagineux, ils diffèrent grandement morphologiquement et biologiquement des autres poissons, osseux, et l’extrême diversité de leurs caractéristiques est prodigieuse.
Ainsi, en 80 pages, on en apprend plus sur leur longévité – pouvant peut-être atteindre 200 ans pour certaine espèces !! (en fait 400 ans, pour le requin du Groenland) -, leurs modes de reproduction variées, ovipares comme vivipares, leurs habitudes alimentaires, ne comprenant pas la chair humaine qu’ils préfèrent recracher quand ils y goûtent, souvent plus par erreur ou pour se défendre qu’autre chose.

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On en découvre également plus sur leur évolution depuis des millions d’années – les requins actuels ne ressemblent pas à leurs ancêtres préhistoriques mais la souche a quand même survécu à cinq grandes extinctions géologiques… Mais survivra-t-elle à la sixième en cours, provoquée par l’Homme ? Si le requin est responsable de la mort d’une dizaine d’humains par an, il ne connaît pas pire prédateur que nous, qui en tuons dans les 73 millions annuellement.
Mais on ne s’intéresse scientifiquement à lui que depuis peu et chaque nouvelle connaissance engrangée permettra peut-être sa sauvegarde, nous permettant peut-être de cohabiter avec lui dans de meilleures conditions.
Les océans qui nous entourent sont terriblement menacés par les activités humaines et le requin est peut-être l’animal qui, par la survie ou la disparition de ses espèces – un quart étant menacé, une vingtaine en réelle danger d’extinction – en est le plus parlant des symboles : un animal potentiellement dangereux comme peut l’être l’océan, milieu inhospitalier pour l’homme, mais indispensable à l’équilibre dans les chaînes alimentaires (pour réguler la quantité de ses proies qui ont aussi un impact sur leur environnement).

On l’a compris, cet ouvrage est passionnant pour une première approche de ces fascinants poissons, et les dessins de Julien Solé, passionné puisqu’il avait déjà sorti un carnet de croquis dédié, Shark Book en 2014, sont d’une grande précision, parvenant à faire ressortir leur beauté et leur diversité.

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