Minuscule – La Vallée des Fourmis Perdues

Film d’animation d’Hélène Giraud et Thomas Szabo, 1h29.
Sortie en salles en France le 29 janvier 2014 en 2D et 3D.
Sortie prévue en Blu-ray et DVD le 19 août 2014.

minuscule01Lancée en 2006, Minuscule est au départ une série TV de 151 épisodes créée par Hélène Giraud et Thomas Szabo, diffusée sur France 2 puis France 5 (toujours actuellement). Mêlant décors naturels et personnages incrustés en 3D, son originalité réside dans le fait qu’elle ne met en scène que des insectes. Cela donne une série très drôle et attachante, un peu comme si Microcosmos rencontrait Tex Avery, avec un gros sens du loufoque et de l’absurde.

En 2014 sort alors le long métrage Minuscule – La Vallée des Fourmis Perdues. La formule qui marche si bien sur des épisodes de 5mn (il y a eu apparemment des épisodes plus longs mais je ne les ai jamais vus) garde-t-elle son efficacité sur 1h30 ? Sans aucun doute, oui.
Pour cette plongée dans le grand bain du long métrage, l’équipe reprend ses classiques : le duel fourmis noires/fourmis rouges, et bien sûr, la coccinelle, le personnage emblématique, mignon et drôle, le justicier du monde insectoïde.

Imaginez donc un film d’animation d’1h30 sans aucun dialogue, aucune voix off, aucun personnage humain (juste deux de passage au début pour lancer « l’intrigue »), simplement des bestioles, du genre qu’on traite habituellement de nuisibles à exterminer. L’histoire se devait donc d’avoir un schéma classique pour donner un cadre et des repères faciles à suivre : la quête initiatique qui permettra au héros, la coccinelle, de grandir, développer ses talents et accomplir son destin de justicier.
Celle-ci se retrouve en effet loin de sa famille et rencontre alors une troupe de fourmis noires qui compte bien ramener cette grosse boîte pleine de sucre jusqu’à la fourmilière. Mais leurs ennemies les fourmis rouges veillent et ne les laisseront pas tranquillement trimbaler leur butin sous leur « nez »…

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Histoire donc très simple mais très efficacement menée. D’abord grâce à la beauté des images : le cadre naturel est magnifique et très bien mis en valeur, avec des plans vraiment superbes, le tout ayant été filmé dans les Parcs Nationaux du Mercantour et des Écrins.
Ensuite par la bande son, qui attire forcément l’attention. Comme il n’y a aucun dialogue, ce qui est plutôt reposant en fait, le sens passe par le son. Oubliez le simple « bzz bzz » basique, ici c’est tout un foisonnement de sons qui est utilisé, reprenant les bruits naturels mais en y ajoutant également des bruits plus « fabriqués », de moteur, de plastique, tout un mélange hétéroclite qui donne un habillage sonore original, très parlant et extrêmement drôle. La coccinelle et les fourmis « communiquent » en claironnant et on s’amuse à imaginer ce qu’elles se racontent, nous faisant participer et ainsi nous plongeant encore plus dans le film et son histoire. Difficile de ne pas se prêter volontiers à ce jeu !
Et n’oublions surtout par la musique d’Hervé Lavandier, qui apporte la touche finale à cette balade dans les hautes herbes de nos prairies. Courses-poursuites de folie, batailles épiques suite au siège de la fourmilière, chasses aériennes et sauvetages périlleux, nos héros doivent surmonter mille épreuves, accompagnés par des musiques de films d’aventure, d’horreur, d’action, de guerre : on se croit tour à tour dans Indiana Jones, Jurassic Park (bon sang, mais il est super flippant ce lézard !!), Star Wars (course de pod ou atterrissage sur Dagobah ?), Les dents de la mer et autre Retour du roi !!

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Résumons : paysages sublimes, incrustation 3D parfaite, personnages tour à tour drôles, émouvants ou détestables, histoire bien rythmée et efficace… Les plus jeunes en prendront plein les yeux et se plongeront sans problème dans les aventures de cette vaillante coccinelle (une guerre mais sans jamais voir de cadavres…), les adultes pourront sans problème s’immerger à leur tour notamment grâce à toutes les références cinématographiques. Tous les archétypes des films d’action et d’aventure sont utilisés, le brave héros et ses amis, le gros méchant seigneur de guerre qui ne pense qu’à leur arracher la tête, les courses héroïques et les charges épiques, avec quantité de petits gags, de détails qui ajoutent à l’ensemble sans surcharger. On retrouve aussi des personnages récurrents que les amateurs de la série connaissent déjà (ah, l’araignée rousse !!) sans pour autant que ceux qui n’ont jamais vu un épisode soient laissés de côté, bien au contraire.

Décidément, l’animation à la française offre de très belles choses et ce Minuscule le prouve encore une fois : originalité, humour, émotion, rythme, énergie, bonne humeur, et ce petit grain de folie forcément nécessaire pour mener à bien un tel projet. Drôle, intelligent, tendre… vous ne regarderez plus les insectes de la même manière, après.
(Sauf les mouches…)

Site web officiel : Minuscule

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